Actus et Communiqués de Presse

21/05/2015

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Mai 2015 - Le baromètre Viavoice - BPCE des projets des Français

Trois années après l’arrivée de la gauche au pouvoir près de six Français sur dix estiment avoir perdu du pouvoir d’achat, en dépit d’une réalité stabilisée

Alors qu’elle entame sa quatrième année au pouvoir, la gauche est-elle en passe de perdre la bataille du pouvoir d’achat ? Élément important de la campagne de 2012, vecteur de justice sociale alors que Nicolas Sarkozy apparaissait pour beaucoup comme le  "président des riches", le pouvoir d’achat serait-il à porter au passif de la gauche au pouvoir ? Le jugement porté par les Français dans le cadre de cette nouvelle livraison du "Baromètre des projets" est sévère : près de six sur dix estiment avoir perdu du pouvoir d’achat au cours des trois dernières années.

Pouvoir d’achat 2012-2015 : le désenchantement et les deux France

Concrètement :

  • 59 % des personnes interrogées estiment que "depuis l’arrivée de la gauche au pouvoir en 2012", leur "pouvoir d’achat dans l’ensemble s’est détérioré" ;
  • 32 % qu’il "n’a pas changé" ;
  • Et 4 % seulement qu’il "s’est amélioré".

Ces perceptions sont d’autant plus intéressantes qu’elles ne corroborent pas l’évolution des données réelles Insee en matière de pouvoir d’achat (revenu disponible brut) : 0 % en 2013, +1,1 % en 2014 (note Insee du 26 mars 2015).
Les perceptions massivement négatives de l’opinion française reposent essentiellement sur l’évolution de la fiscalité au cours de ces trois années : alors que 20 % des Français étaient préoccupés par « les impôts » en mars 2012, ils sont aujourd’hui 46 % à l’être, après une apogée à 54 % en septembre 2013. En revanche, sur les principales préoccupations de dépenses de la vie quotidienne (alimentation, essence), les inquiétudes ont reflué par rapport à 2012, essentiellement à la faveur d’une baisse objective des prix.
À ce sentiment de dégradation s’ajoutent de fortes disparités sociologiques :

  • Les catégories sociales qui se considèrent comme les plus pénalisées sont les retraités (73 %), les personnes résidant en milieu rural (65 %) et les ouvriers (59 %) ;
  • En revanche les cadres sont moins nombreux (54 %) que la moyenne à s’estimer pénalisés.

Ces résultats signent une double difficulté pour le pouvoir en place : celle de n’être pas parvenu à améliorer significativement le pouvoir d’achat, et celle de ne pas avoir réduit les inégalités sociales au coeur des attentes de l’électorat de gauche.

Pour l’avenir, des préoccupations en net repli

En revanche pour l’avenir, les préoccupations des Français sont en nette baisse : 44 % estiment que leur pouvoir d’achat va "diminuer" au cours des "trois prochains mois", score en diminution de trois points par rapport au mois dernier, et de 15 points par rapport aux données enregistrées en septembre.
Cette baisse illustre, aujourd’hui, une moindre préoccupation concernant la fiscalité : 46 %, soit un score en baisse de 4 points par rapport au mois dernier. Il est vrai que la période actuelle, consacrée aux déclaration des revenus 2014, rappelle à une large part des contribuables la suppression de la première tranche d’impôt.

Leviers d’action pour demain, ou la querelle des solutions

Pour l’avenir, les Français privilégient des solutions en apparence simples et consensuelles en faveur de leur pouvoir d’achat : "encourager une baisse des prix à la consommation" (52 %), "baisser l’impôt sur le revenu" (46 %) et "baisser la TVA" (43 %).
En réalité ce podium de priorités masque de profondes disparités en fonction de l’identité des personnes concernées et… de leurs intérêts :

  • Les ouvriers privilégient l’augmentation du "Smic" et des "bas salaires" (51 %) alors que la moyenne s’établit à 33 % ;
  • Les cadres citent en priorité la baisse de "l’impôt sur le revenu" (61 %, contre 46 % en moyenne).

Les jeunes de 18 à 24 ans pour leur part sont plus sensibles à la baisse du prix de l’immobilier.
Ces données soulignent le caractère très singulier de la notion de "pouvoir d’achat" pour les Français, et l’idée selon laquelle l’état d’esprit en la matière n’est pas réductible à un indicateur objectif unique. En réalité, les jugements sur le pouvoir d’achat procèdent de :

  • L’évolution du niveau de vie global, tenant compte des dépenses contraintes et secondes ;
  • Des dispositifs concernant spécifiquement chaque catégorie sociale ;
  • Des projections sur l’avenir : une confiance et des anticipations.

Le pouvoir d’achat, au coeur des préoccupations des Français, est un enjeu indissociablement économique, politique et sociologique.

Le baromètre en chiffre