Actus et Communiqués de Presse

24/04/2014

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Avril 2014 - Le baromètre Viavoice - BPCE des projets des Français

Des ménages défiants en matière de pouvoir d’achat, en regard des exigences de compétitivité et de baisse des déficits

Une large majorité des Français ne font pas confiance à Manuel Valls pour améliorer leur pouvoir d’achat

À peine quelques jours après son installation à l’hôtel Matignon, Manuel Valls a annoncé les premières réformes d’envergure de son gouvernement, qu’il s’agisse du Pacte de responsabilité, des mesures d’économies budgétaires attendues, mais également – ce qui n’avait pas été le choix du précédent gouvernement – des mesures rapides en faveur du pouvoir d’achat, telles que la baisse des cotisations sur les bas salaires ou des allégements fiscaux pour les ménages modestes ("Pacte de solidarité").
Pour autant, ce sondage fait apparaître un fort scepticisme des Français, puisqu’une majorité d’entre eux (64 %) déclarent ne pas faire confiance à Manuel Valls pour améliorer le pouvoir d'achat des Français au cours des mois et des années qui viennent.
Dans le détail, on observe que cette défiance dépasse les clivages sociaux puisqu’elle est partagée par 62 % des catégories aisées, 65 % des catégories populaires (pourtant concernées en premier lieu par les annonces du Premier Ministre) et 70 % des retraités.

Des mesures trop "symboliques" ?

Alors que la popularité du nouveau Premier Ministre apparaît toujours solide et en dépit d’annonces concrètes en faveur du pouvoir d’achat, comment peut s’expliquer cette défiance des Français ?
Concrètement, trois facteurs d’explication entrent en jeu :

  • Le contexte macro-économique, qui demeure très tendu : une majorité de Français (53 %) pensent toujours que leur pouvoir d’achat diminuera au cours des mois à venir, et la concomitance d’une fiscalité élevée, de salaires en berne dans les entreprises et d’une hausse continue du nombre de chômeurs multiplient les inquiétudes à ce sujet ;
  •  La trajectoire économique et budgétaire décidée par le gouvernement : si au total 6 à 8 milliards d’euros sont prévus pour les ménages modestes sous la forme d’allégements fiscaux et de baisses des cotisations, les priorités restent la baisse de la fiscalité des entreprises à hauteur de 30 milliards d’euro et la lutte contre les déficits ;
  • Enfin, les décisions gouvernementales en elles-mêmes ne seront pas neutres pour les ménages, qu’il s’agisse du gel des prestations sociales, des retraites, ou encore de l’indice des salaires dans la fonction publique : des mesures qui concerneront au total une majorité des ménages français et pourraient amoindrir leur pouvoir d’achat.

Dans ce contexte, les mesures annoncées par Manuel Valls apparaissent au mieux trop timides pour des salariés et des ménages qui peuvent s’estiment éprouvés sur l’autel de la compétitivité et des économies budgétaires : la baisse des cotisations salariales sur les salaires jusqu'à 1,3 fois le Smic à partir du 1er janvier prochain (500 euros net de salaire supplémentaire par an selon le gouvernement), est ainsi jugée "symbolique" par une large majorité de l’opinion publique (72 %), des catégories populaires (74 %) et même des sympathisants de gauche (55 %).
À l’heure où des députés socialistes appellent à mieux prendre en compte le pouvoir d’achat des plus modestes, ces résultats sonnent comme un avertissement des Français à l’égard d’une politique jugée déséquilibrée entre un "Pacte de responsabilité" ambitieux pour aider les entreprises et un "Pacte de solidarité" jugé encore largement insuffisant pour atténuer les difficultés des ménages.

Des inquiétudes qui progressent fortement concernant les prix de l’électricité

L’autre facteur d’inquiétude majeur des Français en matière de pouvoir d’achat concerne les tarifs de l’électricité, alors que le Conseil d’État vient d’annuler la hausse limitée à 2 % des tarifs réglementés d’EDF pour la période allant de fin juillet 2012 à fin juillet 2013, dans le conflit opposant le gouvernement à l’opérateur public. Une décision qui devrait donner lieu à une hausse rétroactive de la facture d’électricité pour la plupart des foyers français, et qui peut apparaître comme fortement anxiogène pour les ménages alors que la Commission de régulation de l'énergie préconise une hausse de 5,7 % à 9,6 % des prix.

Dès lors, les inquiétudes liées aux dépenses d’électricité enregistrent une forte hausse : 37 % des Français se déclarent préoccupés par ces dépenses, en hausse de 9 points.

Le baromètre en chiffre